Gig alert : Cadet massive + Last Flag – Brasserie pirate, 7 juin.

Cadet massive réunit deux amis de longue date : Frank Garcia, musicien DIY aux multiples facettes, capable de mener de front des projets aussi variés que le solo délicat et haletant Sheik Anorak, la noise stridente de Videoiid ou le black metal intense de Neige morte, et Simon Canzoneri, batteur de formations locales incontournables : We are the incredible noise et Black Mont-Blanc.

Pas de disque encore mais deux extraits de répÚtes :
https://www.youtube.com/watch?v=73AD4ujTEi0
https://www.youtube.com/watch?v=73AD4ujTEi0

Tout nouveau groupe annecien, Last flag vient de sortir son 1er EP (en version numĂ©rique). Le quatuor y pratique une musique intense, qui doit au moins autant au mĂ©tal alternatif des annĂ©es nonantes qu’au post-hardcore/mĂ©talcore moderne.

https://lastflag.bandcamp.com/album/predictable-wounds

Pas de temps mort ! DJ Blender égaiera également savamment la soirée avec un set de circonstance. Dance ! Dance ! Dance !

Printemps noise ! part 1 (The dawn, Deveikuth, It it anita, Frustration, Catalgine, Nevraska)

C’est le printemps noise ! En Haute-Savoie, il n’y a pas que des pentes enneigĂ©es et des gilets jaunes en Audi, il y a aussi des concerts qui dĂ©fouraillent. Retour en images sur quelques moments forts de la saison. Non… j’ai dit ça ?

On commence par un show Ă  GenĂšve, toute proche : The Dawn et Deveikuth Ă  la Makhno. Deux groupes bien obscurs que Drone to the bone est allĂ© cherchĂ© dans les trĂ©fonds de l’underground marseillais.

T-Shirts rigolos  – dont celui du chanteur Ă  l’effigie de Rorcal, clin d’oeil au patron ? – mais power-violence chaotique jouĂ© avec fougue pour The Dawn qui fait pas rigoler du tout. C’est lourd ? Rapide ? C’est le troisiĂšme morceau ou le dix-septiĂšme?

Avec un morceau intitulĂ© « I bet you like Botch, bitch », on pouvait s’attendre Ă  ce genre de correction. Le groupe existe depuis 10 ans, a sorti plusieurs albums et faisait ici son dernier concert avec son chanteur/hurleur. Sortie avec les honneurs.

On retrouve le bassiste de The Dawn dans Deveikuth, mais derriĂšre les fĂ»ts. Plus question de blasts et de morceaux pieds au plancher ici car il s’agit de Funeral doom. Eh oui, c’Ă©tait mon premier concert de Funeral doom ! Peut-ĂȘtre bien que vous vous demandez ce que c’est. Eh bien, une sorte de doom minimaliste bloquĂ© sur des tempos ultra lents.

Invocations caverneuses dĂ©chirantes, effet de trance hallucinĂ©e. Bon enfin, on sent le temps passer quand mĂȘme au bout d’un moment. Ah le concert est fini ? OK, c’Ă©tait le moment.

Passons sans transition aux Belges de It it anita, qui jouaient  au Club du Brise-Glace mercredi 13 mars – c’est-Ă -dire le mĂȘme soir que Zu Ă  genĂšve, y’a des jours comme ça… –  dans le cadre du festival Hors-Pistes. MĂȘme qu’il y avait du monde. Et un premier groupe aussi, que je n’ai pas vraiment vu.

Par contre, It it anita pas question d’en perdre une miette. Ouverture du concert tout en larsens et dĂ©jĂ  c’est beau. Disposition atypique du groupe sur scĂšne – les deux guitaristes et la paire basse-batterie se faisant face, de profil par rapport au public. Un concert tonitruant oĂč tu avais parfois vraiment l’impression de te retrouver Ă  la grande Ă©poque de la  Jeunesse sonique – pĂ©riode Goo ou quelque chose comme ça – tant le groupe maĂźtrise ses envolĂ©es noise. Ce en quoi ils sont un peu les cousins de A Shape, autres hĂ©ritiers Sonic youthiens, mais parisiens.

Les deux chants trĂšs travaillĂ©s savent aussi ciseler de chouettes mĂ©lodies et d’ailleurs ce serait idiot de rĂ©duire ce groupe Ă  cette influence tant ils sautent d’un registre Ă  l’autre avec naturel.

Le final sauvage dans la fosse a mis tout le monde d’accord : ce groupe est gĂ©ant. Et je crois bien qu’on devrait en entendre parler dans pas trop longtemps, du cĂŽtĂ© du Poulpe Ă  l’automne prochain pour ĂȘtre plus prĂ©cis. Hmm, vous savez ce qu’il vous reste Ă  faire.

Le Poulpe justement, oĂč jouait Frustration le 30 mars dernier.  Y’a des groupes, c’est comme si tu Ă©tais maudit et que chaque fois qu’ils jouent quelque part, il y a un empĂȘchement. Ca a Ă©tĂ© le cas pendant un bout de temps avec Frustration donc ce concert Ă©tait un peu comme une revanche.

Un DJ, deux ou trois gars qui dansent et font les cons devant – tiens c’est le groupe. Eh ben, ils ont l’air en forme. Les Ă©chos du concert de la veille Ă  Cave 12 avec UsĂ© sont pourtant moyens. Assez froid, fatiguĂ©s peut-ĂȘtre. Mais ce ne sera absolument pas le cas ce soir : le groupe enfile ses tubes post-punk comme des perles. AprĂšs un dĂ©but plutĂŽt cool, le groupe enchaĂźne les morceaux plus lourds ou plus expĂ©rimentaux. Leur post-punk de connaisseur donne l’impression de voyager dans le temps, de revisiter des pĂ©riodes, des styles, avec toujours ce cĂŽtĂ© Ă  la fois martial, raide, mais aussi dansant qui caractĂ©rise ce style plus Ă  la mode que jamais. Inusable.

C’est un Frustration joyeux, enjouĂ© qu’on verra au Poulpe. MĂȘme le chanteur – qui n’a pas la rĂ©putation d’ĂȘtre toujours trĂšs communicatif – est hilare. Mais la palme revient au bassiste. Pour une raison que je n’ai pas trĂšs bien saisie, il avait fait le trajet depuis GenĂšve Ă  pied, avec une bouteille de pastis pour seul ravitaillement. RĂ©sultat, il est dĂ©chainĂ©, casse ses cordes, prend la parole Ă  tort et Ă  travers. Le set prend des allures absolument hilarantes. Il  donne l’impression de vouloir se battre avec la totalitĂ© du public. C’est le bordel, tout le monde se marre, danse et ceux qui s’amusent le plus, ce sont certainement les Frustration. Superbe.

On finit avec Catalgine et Nevraska au cafĂ© de Chateau-rouge le 27 avril (on est jamais mieux servi que par soi-mĂȘme, hein). Concert dont la prĂ©paration fiĂ©vreuse aura d’ailleurs empĂȘchĂ© d’aller voir Alabaster et Noiss au Brise-Glace. Dommage.

Un chouette concert en ce qui nous concerne, devant un public restreint mais chaleureux. Faut dire qu’il y avait de la concurrence ce soir-lĂ  et aussi que ces soirĂ©es, pourtant gratuites et tournĂ©es vers la scĂšne locale, peinent un peu Ă  faire recette. A tel point que Julien – pourtant un enjailleur de premier ordre tout dĂ©vouĂ© Ă  la cause – jetterait l’Ă©ponge. Faut faire quelque chose.

C’Ă©tait  surtout le plaisir de revoir Nevraska aprĂšs une assez longue pĂ©riode sans concert, durant laquelle Kick a pris la place de Cyril devenu parisien. Ils ouvrent avec Kollapse, morceau gĂ©nial Ă  Ă©couter absolument, un de mes morceaux favoris du duo. Ca part donc bien. Alternent ensuite titres connus et cinq nouveaux morceaux. A part un passage Ă  effet Ă©lectro/boĂźte Ă  rythmes assez frappant, difficile de se faire une idĂ©e sur un seul concert, mĂȘme si on retrouve souvent ce noise-rock swinguant et survoltĂ© qui est la marque de fabrique du groupe. Blues-punk power !

Le nouveau batteur a un jeu plus ramassĂ© que Cyril et ramĂšnera peut-ĂȘtre le duo vers quelque chose de plus brut, qui sait ? A vĂ©rifier lors des prochains concerts, par exemple le 15 juin avec les excellents Tuco aux Tilleuls. En attendant un prochain enregistrement. Comme il se doit Ă  Chateau-rouge, tout ça s’est terminĂ© en karaokĂ© post-hardcore entre gens gentils, copieusement arrosĂ© de biĂšres artisanales. Tu veux quoi d’autre ?

>>>>>>>>>> THE DAWN

>>>>>>>>>> DEVEIKUTH

>>>>>>>>>> IT IT ANITA

>>>>>>>>>> FRUSTRATION

>>>>>>>>>> CATALGINE

>>>>>>>>>> NEVRASKA

« Dernier drapeau » : une interview de Last Flag

C’est presque par hasard que j’ai dĂ©couvert la musique de Last flag. Seulement quelques titres disponibles sur internet, metal atmosphĂ©rique trĂšs carrĂ©, mais avec quelque chose de haletant qui accroche l’oreille et donne envie d’en Ă©couter davantage. Il n’en fallait pas plus en tous cas pour que je leur envoie quelques questions, histoire de faire connaissance avec ces nouveaux venus de la scĂšne annecienne.

Comment s’est formĂ© le groupe ? Quelle Ă©tait l’idĂ©e de dĂ©part ?

Le groupe s’est formĂ© en 2016, on avait tous eu de prĂ©cĂ©dentes expĂ©riences musicales suivies de pauses plus ou moins longues et l’idĂ©e c’était de se remettre Ă  jouer de la zik. On a commencĂ© par quelques reprises histoire de se remettre dans le bain et d’apprendre Ă  se connaitre musicalement. Rapidement une atmosphĂšre commune s’est créée, et on a commencĂ© Ă  bosser sur nos compos.

Votre nom fait plutĂŽt old school (Black flag, Anti-flag…) Quel est donc ce « dernier drapeau » que vous brandissez ?

Les drapeaux sont des signes d’appartenance forte entre les Hommes, Ă  la fois unifiants et dĂ©chirants. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, ils permettent de mettre en avant «l’autre», ou de se distinguer de celui qui n’appartient pas au groupe. L’idĂ©e c’est que le jour oĂč il n’y aura plus qu’un seul drapeau, c’est qu’on aura enfin rĂ©ussi Ă  s’unir.

Vous avez fait plusieurs concerts rĂ©cemment : c’étaient de bonnes expĂ©riences ?

CarrĂ©ment ! On a eu la chance de jouer sur la scĂšne du club au Brise glace, Ă  Cluses sur la scĂšne de l’Atelier, et Ă  GenĂšve au « Scene ». Se confronter au public nous a permis d’avoir un autre regard sur ce que l’on fait et ces expĂ©riences nous ont vraiment soudĂ©s et motivĂ©s pour continuer Ă  bosser, notamment sur l’enregistrement d’une premiĂšre dĂ©mo 3 titres qui vient de sortir sur notre bandcamp !

Une question pour Sylvain : je trouve le chant sur votre morceau Conflictual vraiment intĂ©ressant avec son alternance parlĂ©/criĂ©. Comment s’est-il construit ? Quels sont les chanteurs ou chanteuses que tu apprĂ©cies ou qui t’inspirent ?

Le type de chant devient Ă©vident selon les Ă©motions que l’on essaie de transmettre, je dirais que plus c’est intense et plus c’est saturĂ©. AprĂšs, chacun met sa patte sur les idĂ©es au chant, heureusement sinon on aurait des passages trĂšs (trop) surprenants !
CĂŽtĂ© influence et inspiration, je dirais Phil Anselmo, il est capable d’aller du bluesy au true black avec toujours beaucoup de sincĂ©ritĂ© et avec le sens de la mĂ©lodie. Puis Sam Carter d’Architects, qui a un chant saturĂ© trĂšs expressif et touchant. Et Anneke Van Giesbergen qui a une voix de l’espace, trĂšs aĂ©rienne.

Histoire de vous connaßtre un peu mieux : si vous deviez chacun sélectionner trois albums parmi ceux qui comptent le plus pour vous, ce serait lesquels ?

Sylvain (chant) : « Follow the leader » de Korn, « Bloodflower » de The Cure et « Dangerous » de Michaël Jackson
Yoann (guitare) : « Americana » de The Offspring, « Infest » de Papa Roach, «Opposites » de Biffy Clyro
Baptiste (basse) : « Californication » des Red Hot, « Des visage Des figures » de Noir Désir, « Come What[ever] May » de Stone Sour
Justin (batterie) : « Snot » de Snot, « 10 000 days » de Tool et  » The Shape of Punk to Come » de Refused

Jouons un peu au jeu du copinage – ou pas – : quel est le groupe de la scĂšne locale que vous apprĂ©ciez le plus ?

Il y a de bons groupes, vraiment et dans des styles variĂ©s. The Buffalos & Pipedreams avaient une vraie identitĂ© et prĂ©sence locale, dommage qu’ils aient arrĂȘtĂ©. Dans d’autres styles, Howling Beards (avec qui on a eu plaisir Ă  partager le plateau de l’atelier), l’OrchidĂ©e Cosmique ou encore Jungle Julia sont des groupes que l’on affectionne

Quels sont les lieux de concerts locaux que vous appréciez le plus ? Quelle est votre derniÚre claque ?

Sylvain : ?
Yoann : Le Brise, mĂȘme si la prog n’est pas toujours celle qui me convient le plus. C’est une incitation Ă  l’ouverture. Un peu plus loin, le transbordeur propose une prog plutĂŽt sympa.
Justin : Ma derniĂšre claque (qui remonte un peu maintenant !) c’était No one is innocent Ă  ChĂąteau rouge pour l’album PROPAGANDA. C’était propre, efficace, le son Ă©tait vraiment terrible, ça faisait un moment que je ne les avais pas vus, et on peut dire que j’ai pris une bonne claque !
Baptiste : J’aime beaucoup les scĂšnes alternatives de GenĂšve oĂč l’on tombe frĂ©quemment sur de trĂšs bons concerts ! DerniĂšrement The Ocean Ă  l’Usine m’a bien scotchĂ©.
Sylvain: Le Brise Glace bien sĂ»r. J’ai vu Demi Portion, un rappeur qui a roulĂ© sa bosse avec une super technique et trĂšs sincĂšre.

Est-ce que vous aimez lire Ă  propos de la musique ? Si oui, quoi ? Fanzines, webzines, magazines, sites, blog, bouquins ?

Sylvain : Radiométal, Métalorgie et Rhinoferoce !
Yoann : Je suis attachĂ© au papier : Guitare part, guitar xtrem et d’autre histoire de se tenir au courantet de geeker un peu sur les tests de matos. Grosse consommation de lecons, astuces, tests et d’avis sur Youtube, Audiofanzine etc
 et les articles de Radio Metal Ă©galement.
Baptiste : Assez peu de mon coté
Justin : On est des enfants d’internet, on a grandi avec ça ! ? Donc oui pas mal de presse en ligne, des tutos, des vidĂ©os, tout ce qui peut nous aider Ă  avancer dans notre musique, mais un bon magazine papier sur les chiottes, ça reste une valeur sure !

Votre musique est assez proche du post-hardcore ou du hardcore, est-ce que pour vous c’est principalement de la musique ou est-ce que vous sentez proche de la dĂ©marche indĂ©pendante ou politisĂ©e de certains groupes ?

Notre musique et pour nous avant tout un exutoire, la dĂ©marche politique n’est pas prĂ©dominante. On parle avant tout de ce qui nous touche, mais effectivement, ces sentiments sont toujours plus ou moins connectĂ© avec des dĂ©cisions politiques, donc avec la force des choses on s’en approche.
De plus, chez nous, tout est fait maison, on enregistre et on bricole tout ça avec les potes. Donc indépendant, on ne peut pas faire mieux ! ?

Et sinon, que pensent vos mamans de votre groupe ?

Aucun d’entre nous n’a Ă©tĂ© dĂ©shĂ©ritĂ© pour le moment, c’est peut-ĂȘtre bon signe !Gilet jaune ? Rouge ? Vert ? Bleu ? Rose Ă  paillettes ?

On serait plutĂŽt gilet vert, l’urgence pour nous, c’est une vraie rĂ©ponse face au dĂ©fi climatique et une remise en question de la place des hommes dans leur environnement. Mais dans l’esprit Last Flag, plutĂŽt du dialogue et de l’écoute plutĂŽt qu’ajouter encore des signes d’appartenance nous divisant davantage.

En supposant qu’il y ait un futur, que pourrait-on attendre de Last flag ?

Avant tout du bon son, de l’Ă©nergie, des bons moment partagĂ©s entre nous et avec vous !

>>>>>>>>>> LAST FLAG